ABERT demande à la Cour suprême d'agir contre une loi du Rio Grande do Sul qui restreint la publicité des paris.

L'Association brésilienne des radiodiffuseurs et des diffuseurs de télévision (ABERT) s'est jointe à l'Action directe en inconstitutionnalité (ADI) n° 7.971, pendante devant la Cour suprême fédérale (STF), afin d'intervenir en qualité d' amicus curiae . Cette action, proposée par l'Association nationale des jeux et loteries (ANJL), conteste la constitutionnalité d'une loi de l'État du Rio Grande do Sul qui encadre la publicité des paris sportifs dans cet État.
Au cœur du débat se trouve la loi n° 16 508, approuvée par l’État du Rio Grande do Sul mardi 24 avril. Cette loi instaure une série de restrictions concernant la publicité des plateformes de paris à cotes fixes et devrait entrer en vigueur mardi 25 août, après une période de vacatio legis de 120 jours.
Ce que la loi du Rio Grande do Sul interdit
Parmi les restrictions les plus complètes, la loi interdit toute publicité pour les paris entre 6 h et 21 h à la télévision, sur les plateformes de streaming , les services de vidéo à la demande et à la radio. De plus, la législation :
⇒ Exige des phrases d'avertissement dans une taille plus grande que celle établie par le Secrétariat des prix et des paris dans la réglementation fédérale ;
⇒ Tient les agences de publicité, les médias et les fournisseurs d'accès à Internet solidairement responsables des violations de ses dispositions ;
⇒ Elle prévoit des sanctions allant de la responsabilité civile, administrative et pénale à l'obligation de diffuser de la contre-propagande pour des comportements qui ne sont même pas punis par la loi fédérale.
Pourquoi ABERT souhaite-t-elle s'impliquer dans ce processus ?
ABERT, fondée le dimanche 27 novembre 1962 et représentant environ 11 2.500 diffuseurs répartis dans les 26 États et le District fédéral, soutient que la loi a un impact direct sur les activités économiques essentielles de ses membres. Pour les médias nationaux, l’application de cette législation impliquerait une segmentation des programmes spécifique au Rio Grande do Sul, distincte de celle des 26 autres unités fédérées.
L'organisation avertit également que la décision de la Cour suprême concernant la loi du Rio Grande do Sul fera jurisprudence pour les autres États lorsqu'il s'agira de réglementer la publicité sur leur territoire, ce qui rendra les effets pratiques de cette action beaucoup plus larges que les limites territoriales du Rio Grande do Sul.
Les arguments juridiques contestés
ANJL, partie plaignante dans l'Action directe en inconstitutionnalité (ADI), soulève deux griefs d'inconstitutionnalité. Formellement, elle fait valoir que la loi de l'État du Rio Grande do Sul empiète sur les compétences exclusives de l'Union en matière de législation sur la publicité commerciale (article 22, XXIX de la Constitution fédérale), les loteries (article 22, XX), les télécommunications et la radiodiffusion (article 22, IV) et la responsabilité civile (article 22, I). Sur le fond, elle allègue une violation des principes de l'ordre économique constitutionnel et de proportionnalité dans l'intervention dans le domaine économique.
Le gouverneur du Rio Grande do Sul et le Conseil de l'Assemblée législative de l'État défendent la constitutionnalité de la loi. Ils soutiennent que cette loi relève de la compétence législative partagée des États en matière de protection de la santé, des consommateurs et des groupes vulnérables, et qu'elle n'interdit pas la publicité en tant que telle, mais impose plutôt des mesures administratives préventives proportionnées.
Le Bureau du Procureur général (AGU) a, quant à lui, exprimé mercredi 9 juin son avis favorable à l'octroi de la mesure conservatoire demandée par l'ANJL, confortant ainsi l'argument d'inconstitutionnalité formelle. L'AGU a également souligné le risque que la validité simultanée des deux régimes, fédéral et étatique, n'engendre une insécurité juridique et n'incite les consommateurs à se tourner vers le marché des paris illégaux.
Demande de précaution et règles de procédure
Le ministre Cármen Lúcia, rapporteur de la requête, a adopté mercredi 22 mai la procédure accélérée prévue à l'article 10 de la loi n° 9.868/1999 et a ordonné la notification aux autorités compétentes. L'ANJL demande la suspension immédiate de l'application de l'intégralité de la loi avant la fin de la période de vacatio legis. À titre subsidiaire, elle demande la suspension de certains articles relatifs au contenu, aux échéances, à la responsabilité solidaire et aux sanctions. Sur le fond, elle sollicite principalement la déclaration d'inconstitutionnalité totale de la loi.
ABERT, dans sa demande de participation en qualité d’amicus curiae, sollicite le droit de présenter des contributions techniques et juridiques, de faire des plaidoiries orales et de soumettre des mémoires écrits, s’engageant à fournir les éléments qu’elle considère pertinents pour le jugement de l’affaire.
Requête d'ABERT dans le cadre de l'Action directe d'inconstitutionnalité (ADI) n° 7 971


