ABERT demande à la Cour suprême la suspension immédiate de la loi de l'État du Rio Grande do Sul restreignant la publicité des paris.

L'Association brésilienne des radiodiffuseurs et des diffuseurs de télévision (ABERT) a saisi la Cour suprême fédérale, ce mardi 25 août, afin de suspendre immédiatement la loi n° 16.508/2026 de l'État du Rio Grande do Sul, qui restreint la publicité des plateformes de paris sportifs dans cet État. Cette demande de mesure conservatoire a été adressée au ministre chargé de l'information, Cármen Lúcia, et coïncide avec le jour de l'entrée en vigueur de la loi, après une période de vacatio legis de 120 jours.
La loi du Rio Grande do Sul avait été publiée le 27 avril 2026. ABERT s'est joint à l'action en tant qu'amicus curiae dans l'ADI n° 7 971 et, maintenant que la validité de la règle est confirmée, a réitéré l'urgence de la demande conservatoire pour empêcher que des obligations, des interdictions et des sanctions ne soient appliquées aux médias et aux opérateurs de paris avant un jugement définitif du STF (Cour suprême fédérale).
La compétence fédérale au cœur du débat
L'argument principal de l'association est d'ordre constitutionnel. Elle soutient que le Rio Grande do Sul a empiété sur les compétences exclusives de l'Union en promulguant cette loi, invoquant cinq vices de constitutionnalité.
La première question concerne la réglementation des loteries, une compétence exclusivement fédérale, comme le stipule l'article 22, paragraphe XX, de la Constitution, dont le régime unitaire, selon ABERT, ne permet pas de traitement différencié des États. La seconde concerne la publicité commerciale ; la Constitution réserve la réglementation de la publicité au droit fédéral, et la Cour suprême fédérale a déjà invalidé les réglementations étatiques en la matière dans des arrêts tels que les ADI n° 2 815, n° 5 432 et n° 5 424. La restriction des heures de publicité pour les paris entre 6 h et 21 h, prévue à l'article 6 de la loi de l'État du Rio Grande do Sul, est également contestée pour son ingérence dans les télécommunications et la radiodiffusion, qui relèvent elles aussi de la compétence fédérale. De plus, cette réglementation créerait des hypothèses autonomes de responsabilité civile, une compétence réservée au droit fédéral, et instaurerait une obligation de contre-publicité ; une sanction que le Code de la consommation et la loi n° 9 294/1996 réservent à la sphère fédérale.
L'entité souligne également deux défauts importants : l'affaiblissement du régime de responsabilité des fournisseurs établi par l'arrêt n° 987 de la Cour suprême, et la création d'une réserve de marché en interdisant la publicité lors d'événements sportifs pour les opérateurs qui ne sont pas des sponsors officiels, ce qui violerait les principes de la libre entreprise et de la libre concurrence.
Le risque de 27 régimes différents
Pour ABERT, les conséquences les plus immédiates se font sentir chez ses membres. La loi de l'État du Rio Grande do Sul établit la responsabilité solidaire des médias pour toute infraction (article 9, II) et sanctionne des comportements qui ne sont même pas passibles de sanctions en vertu du droit fédéral, avec des peines allant de l'amende à l'obligation de diffuser des contre-publicités, conformément à l'article 11 de la loi. Concrètement, les chaînes nationales seraient contraintes de segmenter leur programmation afin de distinguer les contenus diffusés au Rio Grande do Sul de ceux diffusés dans le reste du pays.
Le scénario le plus préoccupant, selon l'organisme, est celui du précédent. Si la loi du Rio Grande do Sul entre en vigueur sans suspension judiciaire, d'autres États pourraient adopter leurs propres réglementations sur la publicité des paris à cotes fixes, ce qui aboutirait à 27 régimes étatiques et de district simultanés, chacun imposant des règles distinctes à une activité déjà largement réglementée au niveau fédéral. Le bureau du procureur général et le bureau du procureur général ont tous deux exprimé leur soutien à cette mesure de précaution ; le bureau du procureur général a averti que « la multiplication de régimes locaux distincts engendrerait une importante incertitude juridique, des asymétries réglementaires et des difficultés de contrôle, sans pour autant assurer une protection nationale suffisante des biens constitutionnels concernés par cette activité ».
ABERT réfute l'argument selon lequel la suspension créerait un vide juridique. L'organisme souligne que la loi n° 14.790/2023 et les actes réglementaires du Secrétariat des prix et des paris du ministère des Finances demeurent pleinement applicables et régissent l'exploitation et la publicité des paris à cotes fixes sur l'ensemble du territoire national. La suspension de la loi d'État permettrait donc de préserver le statu quo réglementaire fédéral jusqu'à ce que le Tribunal suprême fédéral (TSF) se prononce sur le fond du recours direct en inconstitutionnalité (RDI).
La pétition a été signée par les avocats Gustavo Binenbojm, André Cyrino, Alice Voronoff et Rafael LF Koatz, tous inscrits au barreau du District fédéral (OAB/DF). À la date de publication de ce rapport, le ministre Cármen Lúcia n'avait pas encore statué sur cette demande de mesures conservatoires.
Pétition de l'Association brésilienne des radiodiffuseurs et des diffuseurs de télévision (ABERT)


