Autonomie municipale et nouvel avis du bureau du procureur général sur les loteries municipales : une réflexion nécessaire.

L'avis récemment émis par le Bureau du Procureur général (PGR) concernant l'autonomie des municipalités dans la gestion des services de loterie soulève des questions fondamentales qui méritent un examen approfondi. Le PGR propose une restriction des compétences des municipalités qui, à première vue, pourrait apparaître comme une mesure de contrôle, mais qui constitue en réalité une atteinte à l'autonomie garantie par la Constitution fédérale.
Il est important de souligner que ce nouvel avis contredit directement une décision antérieure du Bureau du Procureur général lui-même, qui avait déjà exprimé son soutien à la création d'un service de loterie publique dans la municipalité de Guarulhos, défenderesse dans l'affaire ADPF 1212. Ce changement d'avis révèle une incohérence qui ne saurait être ignorée, surtout sur un sujet aussi sensible en matière d'autonomie municipale.
L'autonomie des municipalités est un principe fondamental de notre État de droit démocratique, consacré par l'article 1er de la Constitution. Cette autonomie leur permet de légiférer sur les questions d'intérêt local et de réglementer leurs services publics respectifs, comme la création et le fonctionnement des loteries. Le nouvel avis du ministère public ignore cette réalité et propose une centralisation qui méconnaît les spécificités et les besoins de chaque municipalité.
L'absence de droits exclusifs pour l'Union en matière d'organisation de consortiums et de tombolas, y compris le bingo et les loteries, telle que discutée et décidée dans les ADPF 492 et 493, doit être interprétée de manière extensive. La critique du procureur général concernant la « prolifération non réglementée » des loteries est une vision simpliste qui ne tient pas compte des différences socio-économiques et culturelles entre les entités fédérées. Chaque localité a ses spécificités, et la capacité de légiférer sur ses propres questions témoigne de son autonomie et de sa responsabilité.
Par ailleurs, l'organisation de loteries municipales ne se limite pas à la collecte de recettes, mais constitue également un important levier de transformation sociale. Les fonds ainsi générés peuvent être alloués à des secteurs essentiels tels que l'aide sociale, la santé, l'éducation, etc. Négliger ce potentiel, c'est méconnaître le rôle historique et fondamental que les loteries peuvent jouer dans le développement local.
Le changement d'avis du ministère public sur cette question, au mépris des articles 30 et 19 de la Constitution relatifs à l'autonomie des municipalités et à l'interdiction de toute inégalité de traitement entre les entités fédérées, est préoccupant. L'article 30, paragraphes II et V, garantit aux municipalités la compétence d'assurer des services publics adaptés à leurs besoins, tandis que l'article 19, paragraphe III, assure que l'Union ne peut instaurer d'inégalité de traitement entre les entités fédérées. Cette centralisation proposée viole le principe d'égalité fédérative et sous-estime la capacité des municipalités à s'auto-organiser.
La Cour suprême fédérale, en analysant l'arrêt ADPF 1212, devrait réaffirmer l'importance de l'autonomie municipale comme élément essentiel du fédéralisme brésilien. Sa décision ne doit pas tomber dans l'écueil du paternalisme étatique, qui sous-estime la capacité des municipalités à servir leurs populations.
De plus, l'affaire étant sub judice, les restrictions administratives constituent, à mon sens, une usurpation de la compétence de la Cour suprême. Tant que le recours en non-respect d'un principe fondamental (ADPF) n'est pas jugé, les lois municipales doivent être respectées, car elles n'ont pas été déclarées inconstitutionnelles.
Dans un pays continental comme le Brésil, la diversité des législations municipales doit être perçue comme un atout, et non comme un problème. Le dialogue et la coopération entre les différents niveaux de gouvernement sont essentiels à l'élaboration d'un cadre réglementaire qui respecte l'autonomie municipale tout en se conformant aux directives fédérales.
En résumé, l’autonomie municipale dans la gestion des services de loterie publique est un droit qu’il convient de protéger et de promouvoir. La Cour suprême fédérale a l’occasion de réaffirmer ce principe fondamental, garantissant ainsi aux municipalités la capacité de légiférer et de réglementer les activités répondant à leurs besoins spécifiques. La protection de l’autonomie municipale n’est pas qu’une simple question juridique ; c’est une condition essentielle à la démocratie et au développement local.
(*) Paulo Horn est avocat, président de la Commission spéciale sur le droit des loteries de l'OAB/RJ et directeur juridique de l'Association nationale des loteries municipales et d'État (ANALOME).


