Le comité sénatorial approuve une augmentation progressive de la taxation des paris en ligne.

La commission des affaires économiques du Sénat (CAE) a approuvé le rapport instaurant une taxation progressive du secteur des paris à cotes fixes au Brésil. La décision a été prise ce mardi 2, par 23 voix pour et une seule contre, celle du sénateur Wilder Morais.
Le texte, présenté par le sénateur Eduardo Braga (MDB/AM), modifie le projet de loi 5473/25 et prévoit que la contribution sur les recettes brutes des jeux (RBJ) passera de 12 % actuellement à 15 % en 2026 et 2027, pour atteindre 18 % à partir de 2028. Cette proposition remplace l'augmentation immédiate à 24 % initialement prévue.
« Une forte hausse pénaliserait les entreprises opérant en toute légalité et qui paient déjà leurs impôts », a expliqué le rapporteur dans son document. Braga s'est dit préoccupé par l'impact qu'une augmentation soudaine pourrait avoir sur les entreprises respectant la loi.
Le calcul de cette taxe se fera sur la base du produit brut des paris (PBP), une méthode qui prend en compte le total des recettes issues des paris, diminué des gains versés aux parieurs. Le sénateur explique que le PBP correspond au produit des recettes des paris, après déduction des gains, et de l'impôt sur le revenu prélevé sur ces gains. Les recettes ainsi obtenues seront affectées à la sécurité sociale.
L'augmentation des impôts servira à compenser les pertes de recettes fiscales liées à la retenue à la source (IRRF) subies par les États et les municipalités suite à la réforme de l'impôt sur le revenu (PL 1.087/2025). Le document précise que les recettes supplémentaires générées par cette hausse seront affectées aux dépenses de sécurité sociale des États et des municipalités.

Le sénateur Eduardo Braga (MDB/AM) a publié ce mardi 2 un nouveau rapport de vote complémentaire modifiant la proposition de taxation du secteur des paris à cotes fixes au Brésil. Ce nouveau document maintient l'augmentation progressive du taux d'imposition du secteur à 18 %, ainsi que les dispositions visant à lutter contre les paris illégaux.
Au cours de la séance, après d'intenses débats et face à la possibilité d'une nouvelle demande de révision, le chef du gouvernement au Sénat, Jacques Wagner (PT-BA), a proposé de maintenir le rapport présenté par le rapporteur mercredi dernier (26 novembre), une suggestion qui a été acceptée par les membres de la commission.
Le projet de loi établit également des critères plus stricts pour l'agrément des entreprises souhaitant opérer dans le secteur des paris et prévoit des mécanismes spécifiques pour lutter contre les opérateurs irréguliers sur le marché brésilien. Le ministère des Finances peut refuser les agréments en cas de doute sur l'intégrité des dirigeants et des responsables des entreprises.
Le rapport met en lumière un problème de blanchiment d'argent via des plateformes de paris irrégulières et des sociétés fintech. Selon les estimations, des sommes comprises entre 50 et 150 milliards de reais circulent dans les banques via PIX sans contrôle adéquat de la COAF, de la Banque centrale ou du Service fédéral des impôts.
Le texte prévoit la création d'un canal de communication direct avec les fournisseurs d'accès à Internet et les exploitants d'applications afin de permettre la suppression des contenus publicitaires illégaux. Les entreprises disposeront d'un délai de 48 heures ouvrables pour retirer ces contenus. Il établit également la responsabilité des personnes physiques ou morales qui diffusent des publicités au profit d'entreprises exerçant illégalement leur activité dans ce secteur.
Les institutions financières seront soumises à de nouvelles obligations, notamment l'établissement de rapports de conformité semestriels détaillant les comptes, les transactions et les contrôles internes relatifs aux opérateurs de paris. La Banque centrale réglementera les mécanismes visant à prévenir l'utilisation abusive de Pix par des opérateurs non autorisés.
Le projet de loi 5473/25, présenté par le sénateur Renan Calheiros (MDB-AL), est en cours d'examen au sein de la CAE (Commission des affaires économiques). Si aucun sénateur ne demande son renvoi en séance plénière, le texte sera transmis directement à la Chambre des députés pour analyse.
Paris illégaux
Le rapporteur, Eduardo Braga, a consacré un chapitre entier aux règles de lutte contre les paris illégaux. Parmi les points abordés :
⇒ Obligation de fournir une preuve d’aptitude à l’autorisation ;
⇒ Bloquer/prévenir les transactions financières suspectes ;
⇒ Rapports publics trimestriels sur les paris ;
⇒ Règles PIX spécifiques contre toute utilisation abusive ;
⇒ Création de l'indice de conformité réglementaire pour les paris (ICRA) ;
⇒ Amendes pouvant atteindre 50 000 R$ pour les incidents ;
⇒ Tenir les individus ou les entités juridiques responsables de la diffusion de publicités ou de la promotion de paris illégaux ;
⇒ Les entreprises Internet ont jusqu'à 48 heures pour supprimer les contenus illégaux.
Les fintechs et les établissements de paiement devront établir des rapports de conformité semestriels détaillant les comptes, les transactions et les contrôles internes relatifs aux opérateurs de paris.
Traitement en chambre
À la Chambre des députés, le président, le député Hugo Mota (Républicains-PB), définira la procédure à suivre, qui pourra inclure le renvoi du projet de loi à des commissions thématiques ou sa présentation directe en séance plénière. Si les députés y apportent des modifications, le texte sera renvoyé au Sénat pour un nouvel examen.
Tout nouveau taux d'imposition pour le secteur des paris sportifs et des jeux en ligne n'entrera en vigueur que le premier jour du quatrième mois suivant la publication de la loi, respectant ainsi le principe du délai fiscal de quatre-vingt-dix jours.
Le Congrès national a un calendrier chargé jusqu'à la pause parlementaire, qui débute le 22 décembre. Il ne reste que trois semaines et six sessions législatives, prévues les 2, 3, 9, 10, 16 et 17 décembre.
Outre l'ajustement de la taxation des paris, les législateurs doivent encore voter sur le budget 2026, analyser les projets d'ajustement fiscal d'intérêt pour le gouvernement et conclure le vote sur le projet de loi « anti-faction » avant la pause parlementaire.


