Fachin demande la tenue d'une session virtuelle extraordinaire de la Cour suprême pour ratifier la suspension des loteries municipales dans tout le pays.

Le Tribunal suprême fédéral (TSF) tiendra une session extraordinaire virtuelle pour statuer sur la suspension des lois et décrets municipaux relatifs aux loteries et aux paris sportifs. Cette décision a été prise ce mercredi 4 décembre par le président du Tribunal, le ministre Edson Fachin. L'audience se déroulera les 5 et 6 décembre.
La session virtuelle extraordinaire analysera la mesure de précaution accordée par le ministre Nunes Marques dans l’argument de non-respect du précepte fondamental (ADPF) 1.212. Fachin a accédé à la demande du ministre rapporteur, considérant le caractère exceptionnel justifié du cas.
Le procès en session virtuelle extraordinaire débutera à minuit le vendredi (5) et se terminera à 23h59 le samedi (6), comme établi dans le décret présidentiel, les avocats et les procureurs étant en mesure de présenter des plaidoiries jusqu'à 23h59 le 05/12/2025.
Pour convoquer la session, le président du Tribunal suprême fédéral a fondé sa décision sur l'article 21-B, paragraphe 4, du Règlement intérieur du Tribunal et sur l'article 5-B de la résolution n° 642/2019.
Mercredi 4, Nunes Marques a ordonné la suspension immédiate de toutes les lois et arrêtés municipaux créant, autorisant ou réglementant les services de loterie et de paris sportifs au niveau municipal sur l'ensemble du territoire national. L'injonction préliminaire ordonne également la fermeture de toutes les activités de loterie et de paris déjà en cours sous autorisation municipale, ainsi que des procédures d'agrément relatives à ces services.
L'injonction a été prononcée suite à la requête ADPF 1212, déposée par le parti Solidarité, qui dénonce la multiplication des loteries municipales en violation de la compétence exclusive de l'Union pour légiférer sur les consortiums et les tombolas. Cette requête cite plusieurs lois et décrets municipaux de différentes régions du pays autorisant l'exploitation de paris à cotes fixes et le transfert de cette activité à des sociétés non agréées par le Secrétariat des Prix et des Paris du ministère des Finances.
Dans sa décision, le ministre Nunes Marques a souligné que la loi fédérale 13.756/2018, qui réglemente les loteries, concentre le contrôle au niveau de l'Union en raison de l'intérêt national que revêt cette modalité de jeu. La loi autorise les Länder et le District fédéral à organiser des loteries, dans les limites de la législation fédérale, à l'exclusion des municipalités. Selon le ministre, la compétence des municipalités en matière de législation locale ne s'étend pas aux activités de loterie.
Le rapporteur a en outre fait valoir que ce « système diffus et fragmenté » favorise « un affaiblissement drastique » du contrôle fédéral et entrave la normalisation des paramètres, des règles publicitaires et des mécanismes de protection des droits des consommateurs et de la santé des utilisateurs.
La décision instaure une amende journalière de 500 000 R$ pour les municipalités et les entreprises qui continuent à fournir ce service, et de 50 000 R$ pour les maires et les présidents des entreprises agréées qui maintiennent l’exploitation des activités de loterie.
Les juges de la Cour suprême devront décider de la ratification ou non de la mesure conservatoire accordée par Nunes Marques. Cette décision concerne plusieurs municipalités brésiliennes qui ont mis en place ou étaient en train de mettre en place leurs propres services de loterie et de paris sportifs.

