Paraná et Lottopar demandent une injonction à la Cour suprême fédérale afin de restreindre les loteries municipales au-delà de leurs territoires.

Loterie I 11.11.25

Par : Magno José

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Le Paraná pourrait de nouveau avoir une loterie d'État.
L’État et les autorités locales demandent au rapporteur de l’ADPF 1212 d’accorder l’injonction préliminaire sollicitée dans la requête initiale, ou que les municipalités mettent en œuvre des mesures techniques pour empêcher les jeux d’argent en ligne en dehors de leur territoire. Cette demande a été déposée sous forme de requête complémentaire.

L'État du Paraná et la Loterie d'État du Paraná (Lottopar) ont soumis une requête supplémentaire à la Cour suprême fédérale (STF) demandant l'octroi d'une injonction préliminaire dans l'ADPF 1212. Le document a été déposé ce lundi (10) et signé par le procureur général de l'État du Paraná.

Cette déclaration renforce les arguments précédemment présentés par les entités, qui agissent déjà dans le processus en qualité d' amici curiae (amis de la cour), un statut reconnu par le Tribunal suprême fédéral.

« Ils réitèrent leur demande d’octroi de l’injonction préliminaire sollicitée dans la requête initiale ou, à tout le moins, et pour les raisons exposées dans leur requête précédente, d’une injonction préliminaire visant à empêcher les municipalités d’organiser des loteries au-delà de leurs limites territoriales, afin d’obliger les municipalités à empêcher les adresses IP situées en dehors de ces limites de placer des paris en ligne sur leurs loteries ; ils demandent que l’action soit jugée recevable », demandent les habitants du Paraná.

Restriction territoriale pour les loteries municipales

Dans leur requête, l'État du Paraná et Lottopar demandent principalement l'octroi de l'injonction préliminaire sollicitée dans la requête initiale. À titre subsidiaire, ils présentent une demande spécifique visant à empêcher les municipalités d'exploiter des services de loterie au-delà de leurs limites territoriales.

Cette demande alternative vise à contraindre les municipalités à mettre en œuvre des mesures techniques empêchant les paris en ligne sur leurs loteries depuis des adresses IP situées hors de leur territoire, établissant ainsi des restrictions géographiques pour le fonctionnement de ces loteries.

Ce document complète une requête précédente et vise à contribuer à la formation de la conviction des juges de la Cour suprême concernant l'affaire analysée, en présentant de nouveaux arguments juridiques relatifs à la question soumise au jugement.

En conclusion de leur requête, les habitants du Paraná ont formellement demandé à la Cour suprême de déclarer l'affaire recevable. Celle-ci est désormais saisie et doit statuer sur le dossier, en examinant les arguments présentés par l'État du Paraná et Lottopar, ainsi que les déclarations des autres parties.

Contexte de l'ADPF 1212 et nouveaux participants

La question est débattue dans le cadre de l'Argument de non-conformité au précepte fondamental (ADPF) 1212, déposé par le parti Solidarité, qui conteste la compétence des municipalités pour légiférer sur les services de loterie. En octobre dernier, le ministre Nunes Marques, rapporteur de la procédure, a accordé la participation des États de Santa Catarina, d'Espírito Santo et de Rondônia, ainsi que de l'Association nationale pour la sécurité juridique des jeux et des paris (Anseja), en qualité d'amicus curiae.

Cette décision élargit le débat sur la constitutionnalité des lois municipales autorisant la création de loteries et de systèmes de paris. Auparavant, en août, le ministre avait déjà admis la participation de l'Association nationale des loteries municipales et d'État (ANALOME), de l'Association nationale des jeux et loteries (ANJL), de la Confédération nationale des services (CNS) et de l'État du Paraná à ce même processus.

Arguments des nouveaux participants

L’État de Santa Catarina a soutenu que plusieurs municipalités de cet État avaient créé des loteries en violation de la jurisprudence de la Cour suprême fédérale, affirmant qu’aucun intérêt local ne justifiait une intervention municipale en la matière. L’État de Rondônia, quant à lui, a insisté sur l’importance du sujet et ses répercussions économiques, sociales et juridiques, mettant en avant son expertise technique et son rôle dans la réglementation des paris à cotes fixes par l’intermédiaire du Secrétariat d’État aux Finances.

L’État d’Espírito Santo a, quant à lui, déclaré avoir un intérêt légitime et la capacité de contribuer au débat, exprimant son soutien à la demande initiale formulée dans la plainte. Anseja a mis en avant sa représentation nationale, son expertise technique et son rôle dans la promotion de la légalité dans le secteur des jeux et des paris.

Demandes et déclarations institutionnelles

Dans sa plainte, le parti Solidarité demande la suspension provisoire (par voie d'injonction préliminaire) de toutes les lois et arrêtés municipaux instituant des systèmes de loterie ou de paris, jusqu'à ce que le Tribunal suprême fédéral (TSF) se prononce sur leur constitutionnalité. Le parti soutient que ces réglementations locales empiètent sur la compétence exclusive du gouvernement fédéral en la matière, dans le but d'accroître ses recettes « à tout prix ».

Le procureur général de la République, Paulo Gonet Branco, a exprimé son opinion en octobre en faveur de la demande dans l'ADPF 1212. Le Bureau du procureur général de l'Union – AGU a également pris une position favorable sur la demande, arguant que le fonctionnement des loteries ne peut être considéré comme une question d'« intérêt local », soulignant la complexité de la question.

Le parti Solidarité dénonce une prolifération anarchique de loteries municipales, sans contrôle adéquat du ministère des Finances. Il s'appuie notamment sur le fait que la Cour suprême fédérale, tout en autorisant les États à exploiter des loteries sur leur territoire, n'a pas étendu cette autorisation aux municipalités.

 

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