« Interdire les paris ne fait qu'aggraver le problème et pourrait bien être le suicide électoral de Lula. »

BNL I 17.09.26

Par : Magno José

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« Interdire les paris ne fait qu'aggraver le problème et pourrait bien être le suicide électoral de Lula. »
Le journaliste Mauro Cezar Pereira, de UOL Esporte, souligne qu'une mesure provisoire en année électorale pourrait engendrer des coûts politiques, impacter les clubs de football et renforcer le marché des paris illégaux.

Le gouvernement fédéral envisage de promulguer une mesure provisoire visant à interdire l'exploitation des sites de paris sportifs au Brésil, en pleine campagne électorale de 2026. Selon Mauro Cezar Pereira, d'UOL Esporte, cette initiative ne constitue pas une amélioration de la loi n° 14.790/2023 qui réglementait le secteur, mais plutôt un recul immédiat motivé par le calendrier électoral, le Congrès étant encore loin d'approuver cette modification.

L'impact budgétaire est immédiat. De janvier à juillet 2026, le Service fédéral des recettes a perçu 8,7 milliards de reais (R$) de recettes liées aux jeux de hasard et aux paris. Au rythme actuel, ce chiffre pourrait atteindre 16 milliards de reais pour l'année. Une interdiction par mesure provisoire entraînerait la perte de ces recettes, exposerait les entreprises ayant acquitté les licences d'exploitation à des poursuites et pourrait contraindre à rembourser une partie des sommes déjà perçues.

Clubs dans la ligne de mire

Le football brésilien s'oriente directement vers cette mesure. Les contrats de sponsoring principaux des sociétés de paris en Série A s'élèvent à environ 1 milliard de reais par saison. Au premier semestre 2025, les allocations légales prévues à l'article 30 de la loi n° 13.756/2018, équivalentes à plus de 8 % du produit brut des jeux (PBJ), avaient déjà dépassé 1,6 milliard de reais répartis entre les clubs, les athlètes et le système sportif. Dans un communiqué officiel publié ce mercredi 16 septembre, les instances du football ont averti que les paris à cotes fixes étaient devenus l'une des principales sources de revenus du secteur.

Pour les supporters, cet argument ne sera pas perçu comme une analyse financière. Le discours dominant dans les tribunes sera que le gouvernement a retiré ses sponsors aux clubs du jour au lendemain, aggravant ainsi leur endettement. En période électorale, ce type de tensions ne se limite pas au secteur sportif.

Le calcul du Palais

Des sources gouvernementales consultées par le journaliste après que le président Luiz Inácio Lula da Silva a reçu des avertissements internes indiquent que ce dernier a lui-même évalué le risque politique lors d'une réunion avec des entités et des mouvements et a conclu qu'une mesure provisoire en ces termes aurait peu de chances d'être adoptée par le Congrès. Mardi 15 septembre, il a été informé que les groupes de supporters pourraient se retourner contre le gouvernement si les clubs subissaient des pertes financières du fait de cette mesure. Le Parlement avait déjà bloqué des initiatives de contrôle plus strictes par le passé.

Le palais présidentiel n'agit donc pas à l'aveuglette. Il évalue si la mesure anti-paris améliorera les sondages et si le Congrès pourra résister aux pressions du secteur. Une mesure provisoire à effet immédiat répond à ce calendrier. Elle ne permet pas d'assurer le contrôle que prévoit déjà la loi n° 14.790/2023 et que le gouvernement n'a pas pleinement mise en œuvre.

Le marché illégal se renforce.

Le principal bénéficiaire d'une interdiction des opérateurs autorisés serait le marché noir. Les outils d'analyse de trafic utilisés par le secteur indiquent qu'environ 50 % des accès brésiliens se font déjà via des plateformes non autorisées. Les estimations des réseaux sociaux font état d'une part encore plus importante. Cet écart, compris entre 50 % et 65 %, reflète une asymétrie structurelle : la plateforme légale exige un CPF (numéro d'identification fiscale brésilien), impose des limites et contrôle la publicité ; la plateforme clandestine accepte Pix (système de paiement instantané brésilien) et WhatsApp sans vérification d'identité.

Ces sites web ne respectent pas les contrôles que la loi impose aux opérateurs réglementés. Les joueurs participant à des programmes sociaux comme Bolsa Família et Desenrola, ainsi que les mineurs, peuvent créer des comptes sans aucune restriction. Le gouvernement ferme les domaines irréguliers, mais les URL changent en quelques minutes. L'un de ces sites a été fermé à 10 h le jeudi 17 septembre et était de nouveau accessible moins de 15 minutes plus tard, l'accès par adresse IP étant bloqué afin de rendre l'identification plus difficile.

Les opérateurs agréés ont tenté de former une commission et de se rendre à Brasília pour exposer le problème, mais ils n'ont pas été reçus. L'interlocuteur du gouvernement était le mouvement anti-paris, dont le constat ne prend pas en compte les sites qui ne paient pas d'impôts, ne créent pas d'emplois au Brésil et continuent d'opérer sur le marché national. Si la mesure provisoire est adoptée, ces plateformes ne fermeront pas ; au contraire, elles pourraient se développer, car leurs marges sont plus élevées puisqu'elles n'ont pas de dépenses liées au sponsoring, à la publicité ou à la réglementation.

Réunion prévue avec le secteur

Des rumeurs circulent selon lesquelles Lula devrait rencontrer des représentants de sociétés de paris en ligne légalisées la semaine prochaine, après la 81e Assemblée générale des Nations Unies à New York. Cette rencontre aurait lieu à son retour au Brésil.

Les conséquences pratiques d'une éventuelle interdiction sont évidentes. Si 62 % des parieurs utilisent déjà des plateformes hors du contrôle de l'État, une mesure provisoire ne paralyse pas le marché : elle pousse les autres à suivre la même voie. Les revenus chutent, les sponsors disparaissent et les sites non enregistrés auprès du CPF (numéro d'identification fiscale brésilien) gagnent des utilisateurs. Le Congrès, s'il maintient sa position antérieure, pourrait bloquer ou affaiblir la mesure, laissant ainsi au gouvernement le coût politique de l'annonce sans les avantages de sa mise en œuvre.

 

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