La disparition du hall d'entrée et les difficultés posées par l'option du complexe hôtelier intégré.

À la une I 09.02.21

Par : Elaine Silva

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Une idée fausse courante chez les partisans de cette proposition est de croire que la mise en place de complexes hôteliers avec casino transformera le tourisme au Brésil, comme cela s'est produit à Singapour ou à Macao.

Le reportage d'Alice Maciel pour Agência Pública (une agence de journalisme d'investigation indépendante et à but non lucratif) couvre les efforts de lobbying auprès des pouvoirs exécutif et législatif pour promouvoir les complexes hôteliers intégrés (IR) avec casinos, et clarifie et révèle les détails en coulisses du désir de feu Sheldon Adelson de voir le Brésil adopter ce modèle.

L'entretien avec Vinícius Lummertz, secrétaire d'État au Tourisme de São Paulo, révèle également que certains acteurs politiques ont maintenu leur soutien au modèle de complexe touristique intégré. La justification fondée sur la « position stratégique de soutien à l'implantation de casinos dans les complexes touristiques intégrés de l'État de São Paulo » est politiquement plus acceptable pour le représentant du tourisme que de plaider en faveur de la mise en œuvre de toutes les modalités par la légalisation du jogo do bicho (un jeu de loterie illégal), du bingo, des jeux d'argent en ligne et des machines à sous. Le rédacteur en chef de BNLData a déjà eu l'occasion d'aborder ce sujet avec M. Lummertz lors d'une table ronde au BgC à São Paulo.

Je réitère l'opinion exprimée dans le rapport de l' Agência Pública concernant l'affaiblissement du lobby en faveur du modèle casino-hôtel. Le décès du principal soutien de ce lobby, la défaite de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine et le départ du président de la Chambre des représentants, Rodrigo Maia, ne sont pas les seules raisons.

Une idée fausse courante chez les partisans de ce projet est de croire que l'implantation de complexes hôteliers avec casinos transformera le tourisme au Brésil, comme ce fut le cas à Singapour ou à Macao. Or, ces deux marchés dépendent entièrement des joueurs VIP asiatiques et des voyagistes. Ces millionnaires ne vont pas traverser le monde pour jouer au Brésil.

Par ailleurs, suite à la pandémie de Covid-19, les principaux opérateurs de ce modèle redéfinissent leurs objectifs. Las Vegas Sands privilégie le maintien de ses investissements en Asie, notamment via ses complexes intégrés de Singapour et de Macao, véritables poules aux œufs d'or du groupe. Le renouvellement de la licence de Marina Bay Sands à Singapour a contraint LVS à investir des milliards dans l'expansion du projet.

Les licences des complexes hôteliers intégrés de Macao (Sands Macao, Venetian Macao, Sands Cotai Central/Londoner, Parisian Macao) expirent en 2022, et Sands China se concentre sur le maintien de ses activités, la préservation des emplois et l'absorption des pertes afin d'éviter les problèmes lors du processus de renouvellement.

Le groupe Sands affiche une dette totale de 13,82 milliards de dollars américains, selon Reuters, a abandonné son projet d'ouverture d'un complexe hôtelier et casino intégré au Japon sans fournir de raison pour cette annulation, et a également mis en vente ses trois fleurons aux États-Unis : le Sands Expo Convention Center, le Venetian Resort Las Vegas et le Palazzo.

La pandémie de coronavirus a bouleversé tout le processus d'établissement d'un monopole des jeux de hasard pour les grandes entreprises américaines. Les acteurs politiques qui envisagent le modèle des complexes hôteliers avec casinos devraient s'inspirer de la situation au Japon. Légalisé en décembre 2016 et sans date d'achèvement prévue, le pays a décidé de n'implanter que trois complexes hôteliers intégrés (IR) avec casinos. Les principaux opérateurs américains, qui avaient milité en faveur de ce modèle, ont renoncé à investir dans la mise en place d'IR au Japon.

L'histoire témoignera que les acteurs politiques brésiliens, qui soutiennent la défense du modèle casino-hôtel, sont complices de grands groupes nord-américains qui « vendent des terres sur la lune » et contribuent à augmenter la valeur des actions de ces sociétés en bourse.


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